Lorsque la vie devient belle Monsieur Sarkozy
C'est au Président de la République française et de tous les français, monsieur Sarkozy, que j'ai l'honneur de m'adresser dans cette lettre.
Je m'appelle Ayachi Bassam, né le 06/09/1946 à Alep en Syrie et je suis de nationalité française, et c'est en tant que citoyen français et fier de l'être, que je vous interpelle, moi et mes douze enfants, fiers de revendiquer leur appartenance à la France.
Je suis le seul imam français connu en Belgique et en Europe.
Je vous ai auparavant écrit une lettre et cette lettre est devenue célèbre; elle a été reprise dans le journal "Le Monde" et par les mass-media sous le titre "Lorsque la mort devient belle Monsieur Sarkozy".
Je vous demande, Monsieur le Président, en tant que chef des chevaliers d'honneur et par la valeur de ceux-ci, d'appliquer la justice d'honneur sur moi, Ayachi Bassam, l'Imam français, quarantième descendant du Prophète de l'Islam, Mohammed (sur Lui la prière et le salut).
J'ai été incarcéré en Italie pour avoir transporté dans ma camionnette des personnes dont les papiers n'avaient pas été régularisés mais la véritable histoire est que j'ai voulu sauver la vie de cinq demandeurs d'asile qui avaient la prétention insensée de rejoindre le port de Bari à la nage, courant le risque de se noyer.
J'admets que j'ai fait une faute, mais c'est une faute humanitaire, celle d'un homme qui a écouté son cœur, et malgré cela je suis prêt à payer ma faute et rester en prison. Ce n'est donc pas pour contester ce jugement mais pour une autre raison que je fais appel à vous.
Actuellement, je ne suis plus accusé d'avoir aidé des réfugiés, mais je suis accusé d'avoir élaboré depuis ma prison un attentat contre l'aéroport de Charles De Gaulle de Paris en utilisant un avion et une super bombe chimique qui aurait été fabriquée par le français Monsieur Gendron Raphaël, qui est, lui aussi en prison, injustement, comme moi (il était avec moi mais ils l'ont changé de lieu d'incarcération.)
Dès les premiers jours de mon arrestation, les chaînes des télévisions italiennes ont parlé de "l'arrestation de deux terroristes" qui (je cite) "à peine arrêtés ont crié "vive Ben Laden" etc…Et voilà que deux jours plus tard Monsieur Marroni, Ministre de l'Intérieur de l'Italie, déclare à la Télévision- alors qu'il se trouve à New York dans les bureaux du F.B.I.- que "l'Italie a appréhendé deux français soupçonnés de terrorisme"
Après six mois d'investigations, de recherches et de micro et camera cachés dans notre cellule, le Ministère publique et la Justice italienne nous accuse officiellement de "vouloir attaquer l'aéroport de Paris Charles de Gaulle" Et le dossier n'est pas encore fermé?!...
Je suis donc accusé, moi, l'Imam français âgé de soixante trois ans et père de douze enfants français, de vouloir faire du mal à ma mère patrie, celle qui m'a donné tant de bienfaits! Est-il possible pour quelqu'un comme moi qui a appris en France ce que signifie la liberté, la justice, la tolérance, les valeurs de l'humanisme et de l'honneur de cracher sur ces valeurs?! Et de trahir son peuple et comploter contre lui en lançant une bombe chimique?!...Mais quel mal la France ou le peuple français m'auraient-ils fait pour que j'ose agir d'une aussi vilaine manière? C'est une chose impensable et je suis outré par de telles accusations mensongères.
Cette accusation est basée sur trois mois d'écoutes et d'enregistrement dans notre cellule de BARI; sur onze mille six cent conversations minimum, selon leur rapport, trois ou quatre phrases ont retenues leur attention et ils ont basé leurs accusations sur ces propos dont nous ne connaissons ni le début ni la fin, ni l'authenticité ni le degré de manipulation probablement.
Par exemple, je n'ai jamais prononcé le mot aéroport ni celui de Charles de Gaulle ni celui de Paris; par contre, en regardant un match de football à la télévision de Bari, j'ai dit "frappé, frappé goal". Dans la conversation n°2307 du 14/12/2008 Ayachi fait encore une référence à un avion, précisant: "Avoir un avion français…Nous, les africains, on va l'avoir!"…Gendron: "Alors, avec l'avion?"…Les anglais, il faut les frapper". Enfin suit un échange de plaisanteries entre les deux plutôt inquiétantes à la page 80:…Ayachi:…Je fais l'avion…frapper le maître."…Gendron: "Il faut que je frappe "De Gaulle"…Conversations n°8008 du 12/01/2009 (un mois plus tard et la suite de sujet "frapper Paris" à 01 h 50 Ayachi:… "Un avion allemand" puis il affirme "faisons le coup à Paris. Conversations n°8009 du 12/01/2009 à 01h 51 "Lorsque Gendron affirme": "on frappe de Gaulle", Ayachi réplique "…Dans le même endroit." …Gendron: "Pour faire un coup"…Ayachi: "Comme ça, le peuple soit prêt"…Gendron:"On a le numéro 1…En Algérie ils font le coup…"
Monsieur le Président, j'ai vu comment vous avez défendu nos concitoyens français impliqués alors dans l'affaire des enfants tchadiens et c'est pourquoi je fais appel à vous, comme chevalier des chevaliers d'honneur en vous suppliant de me répondre et de demander à vos spécialistes du bureau "anti-terroriste" et en particulier ceux de Marseille et de Paris, ainsi que le Juge Brughière, de vous informer sur moi en toute honnêteté.
Et s'il y a, ce ne fusse qu'un soupçon sur un million que je suis capable de cela, alors je ne demande pas à être jugé, mais, parole d'honneur, je m'ôterai la vie préférant aller dans le feu de l'enfer.
Monsieur le Président, je ne vous demande pas de me faire sortir de prison, mais seulement de m'innocenter de cette grande trahison envers mon peuple que j'aurais faite si j'avais voulu attenter à leur vie. Loin de moi de telles velléités!
Je vous supplie, Monsieur le Président, d'accorder une bienveillante attention à ma requête.
L'Imam Ayachi Bassam
Nous, les douze enfants de Monsieur Ayachi Bassam, demandons à Monsieur le Président de la République française de répondre à l'appel de notre père:
1- Salma, 2- Abdel Rahman, 3- Maha, 4- Abdallah Omar, 5- Houda, 6- Mahasen, 7- Yousra, 8- Aïcha, 9- Ahmad, 10- Bouchra, 11- Fatima, 12- Mohammed Ata.




